Dans cette vidéo, Alain Simon fait le point sur l'avancée de la préparation de l'événement Odyssée 2013. Il y détaille l'organisation du jour J (horaires, lieu de début, fonctionnement du relais, restauration, etc.) et donne des informations concernant la répétition générale 2 mai et les derniers ateliers de préparation à la lecture. Bon visionnage !
mardi 23 avril 2013
jeudi 18 avril 2013
Comment l'épopée vient à son public / Extrait de la postface de Philippe Jaccottet
Dans la postface de sa traduction de l’Odyssée*, Philippe Jaccottet expose le contexte de diffusion des œuvres d'Homère.
Homère lui-même nous dit comment l’épopée
allait de son auteur à son public. Un chanteur, un aède, était attaché à la
maison des seigneurs. Le banquet terminé, on le faisait parfois venir au milieu
des convives et on lui demandait de chanter tel épisode de grande légende
antique ou de l’histoire contemporaine. L’aède psalmodiait probablement en
s’accompagnant d’un instrument à cordes, lyre ou cithare.
On sait également par Platon que les poèmes
d’Homère, de son temps, étaient non plus chantés ou psalmodiés par des aèdes,
mais déclamés par des rhapsodes, avec toutes les ressources de l’art de la
diction ; dans un de ses dialogues, il a mis en scène un de ces jeunes
déclamateurs, qui déclare notamment à Socrate : ‘Pour moi, quand je
débite quelque passage pathétique, mes yeux s’emplissent de larmes ; si
c’est un endroit effrayant ou étrange, d’effroi mes cheveux se lèvent tout
droits et mon cœur se met à battre’.
L’épopée n’était plus alors le privilège des
seigneurs, mais l’ornement des grandes cérémonies publiques. Et voici une
première certitude : que la poésie épique fut d’abord, comme partout
d’ailleurs, une poésie orale.
Philippe Jaccottet conclut un peu
plus loin :
Il faut
écouter, plutôt que lire, ainsi qu’on le faisait aux origines de l’épopée. Par
la lecture à haute voix, le texte retrouve sa lenteur nécessaire, son mouvement,
quelque chose de sa résonance.
Je suis
convaincu que l’on peut lire l’Odyssée tout entière sans le secours d’aucune
note et sans rien savoir de l’épopée que ce que je viens d’en dire. Rien n’est
plus simple que cette fable du soldat que sépare du retour, et de sa femme, la
volonté hostile des dieux.
* L’Odyssée d'Homère, traduction de Philippe Jaccottet, Éditions La Découverte/Poche, 2004.
* L’Odyssée d'Homère, traduction de Philippe Jaccottet, Éditions La Découverte/Poche, 2004.
mercredi 17 avril 2013
Les Ateliers de préparation vus par Nicole Esquieu
Nicole Esquieu, qui a assisté à tous les Ateliers de préparation à la lecture animés par Alain Simon, nous propose un résumé de ce qui s'y est passé :
Troisième atelier public au Théâtre des Ateliers / le passage de relais
Cet atelier est consacré au passage du relais entre deux
lecteurs, et aux problèmes qui se posent. L’essentiel étant de maintenir
le flux de la parole, il ne faut pas de chute dans le moment de la
lecture, et celui qui arrive doit créer la dynamique de celui qui s’en
va. « On ne renonce jamais à rien, on substitue une chose à une
autre » rappelle Alain Simon. Il faut que celui qui se prépare à prendre
le relais écoute bien celui qui le précède, de façon à ne pas fusionner
en rythme et en hauteur de voix, car il faut à tout prix éviter la
fusion qui aplatit la lecture. C’est au contraire la différence
entre les lecteurs, leur voix, leur personnalité qui en fera toute la richesse. Il
faut aussi que celui qui s’en va garde son énergie jusqu'au bout, qu’il
ne manifeste pas qu’il en a fini avec son texte.
Quatrième atelier public au Théâtre des Ateliers / présence des musiciens
A cet atelier sont présents les trois musiciens qui soutiendront toute la nuit la lecture : Jean-Luc Anton, saxophone, Christophe Paturet, piano et Daniele Schön, violoncelle. D’emblée Alain Simon prévient : la musique est là pour donner un flux et soutenir la lecture. Le lecteur doit rester intègre dans son univers, ne pas se laisser perturber par les incidents extérieurs : mobylette,cris de fêtards etc, ni par la musique qui est une perturbation positive. La musique est pour celui qui écoute. Il y aura toujours sur place une adaptation du son pour que la voix reste présente par rapport aux instruments. La musique va donner un flux qui va permettre que les enchaînements ne soient pas un arrêt.
Recommandation : Le lecteur ne doit pas se laisser prendre par le rythme de la musique mais travailler son propre univers.
Au cours de l’atelier, on travaille également le passage de relais. A ceux qui se reprennent, Alain Simon dit "jamais pardon", si on se trompe, ce n’est pas grave, il faut continuer. "Jamais pardon, sauf si c’est dans le texte !"; Il recommande aussi de ne pas faire de variations. Le premier, mot que l’on dit doit être notre programme, ce qui n’empêche pas d’être vivant à l’intérieur. Et surtout ne pas baisser la voix en fin de phrase ou en fin de texte, laisser ouvert.
Cinquième et dernier atelier public au Théâtre des Ateliers avant la générale du 2 mai
Les musiciens ne sont pas là, mais ils ont été
enregistrés la dernière fois, et l’on travaille avec l’enregistrement.
Alain Simon rassure, le 3 mai, un technicien du son fera en sorte que la voix
du lecteur ne soit pas couverte par la musique en amplifiant le micro et en
l’adaptant au lecteur.
On travaille sur le différentiel qui est très
important : pour éviter la monotonie et l’ennui, il faut démarrer
différemment de celui qui termine, ne pas rentrer dans son rythme ni son
timbre. Il faut éviter aussi de faire trop d’intervalles, qui posent problèmes,
et ne pas construire son élocution sur sa respiration, il faut aller au bout de
sa phrase, et aussi être convaincu de ce que l’on dit.
Alain Simon aborde le problème des noms propres de
ces grecs qui ne nous sont pas familiers : « Euriloque, Lampétie,
Phaétouse, Périmède, Scylla, Tirésias, Eumée ».. Ne pas les
passer à la trappe, les dire comme si on les connaissait, ralentir pour bien
les prononcer : la force de la diction les rend vivants. De même quand ils
sont accompagnés d’un épithète -Ulysse, l’Endurant,- le
faire ressortir pour le faire exister.
Ensuite, Alain Simon propose des exercices de
topographie : pour donner aux mots leur propre son, il faut les
replacer dans un espace. Montrer. Faire bouger son corps, même
subtilement : donner et prendre ne se disent pas pareil. Hisser une voile et
mouiller une ancre, ce n’est pas la même chose. S’essayer à dire le texte en
désignant du bras, de la main, de l’épaule, les lieux, les parties du corps
dont on parle. Donner une couleur différente dans les énumérations : un char et
des mules n’ont pas la même vitalité, l’un est un objet, les autres sont
vivants.
Une harangue, un discours sur l’agora : si on met en place
une couleur, et il lui faut la garder suffisamment longtemps, ne pas
l’abandonner. Penser à un discours d’homme politique, à qui il s’adresse dans
la salle et pas de la même manière pour tout le monde, et continuer jusqu’au
bout sans laisser retomber l’énergie.
En fin d’atelier, avant de se séparer jusqu’au 2 mai, la
veille de l’événement, Alain Simon redit que chacun a son texte comme un petit
champs à labourer. Il y a infiniment d’informations à gérer, le rythme, le ton,
l’énergie, dire les noms propres. Il conseille de souligner sur le texte les
mots importants, de calibrer les groupes de mots, d’assumer les noms propres et
les faire exister…
Résumé des 24 chants de l’Odyssée
François Renucci est professeur de Lettres au lycée Vauvenargues d'Aix-en-Provence et grand lecteur de l'Odyssée. Grâce à son impulsion, ses élèves vont faire partie de la chaîne des lecteurs-diseurs du 3 mai. François Renucci nous propose ici un résumé, chant par chant, de l'Odyssée.
Chant I :
Le Poète en appelle à
la muse.
Zeus décide du retour
d’Ulysse dans sa patrie.
Athéna conseille à
Télémaque de partir enquêter sur son père.
Pénélope est émue par
le chant de l’aède qui évoque la guerre de Troie.
Les prétendants,
insolents, s’inquiètent. Télémaque médite, toute la nuit.
Chant II :
Duel en paroles entre
Télémaque et Antinoos, le chef des prétendants.
Télémaque annonce son
projet de voyage. Refus des prétendants.
Athéna encourage, au
bord de la mer, Télémaque.
Secrètement,
Télémaque embarque, avec Athéna.
Chant III :
Télémaque et Athéna
arrivent à Pylos.
Nestor raconte la
guerre de Troie, et la mort d’Agamemnon à son retour, mais ne sait rien à
propos d’Ulysse.
Il conseille à
Télémaque d’interroger Ménélas, à Sparte.
Pisistrate, le fils
de Nestor, accompagne Télémaque.
Chant IV :
Télémaque chez
Ménélas verse une larme et se fait reconnaître.
Ménélas et son épouse
Hélène racontent la guerre de Troie.
Ménélas raconte son
« odyssée » personnelle et révèle qu’Ulysse est vivant.
Les prétendants, à
Ithaque, préparent le meurtre de Télémaque.
Pénélope, désespérée,
est réconfortée par Athéna.
Chant V :
Calypso reçoit par
Hermès l’ordre des dieux de libérer Ulysse.
Poséidon cherche à
noyer Ulysse dans une tempête.
Leucothée sauve
Ulysse qui s’échoue à l’embouchure d’un fleuve, chez les Phéaciens.
Chant VI :
Athéna pousse
Nausicaa, la fille du roi des Phéaciens, à la rencontre d’Ulysse.
Elle joue à la balle
avec ses amies, Ulysse s’éveille, nu.
Nausicaa le fait
habiller et l’invite au palais.
Ulysse attend dans un
bois sacré, et implore Athéna.
Chant VII :
Athéna conduit Ulysse
jusqu’au palais d’Alcinoos, le roi des Phéaciens.
Ulysse admire ce
palais merveilleux.
Il raconte à Arété,
la reine, les circonstances de son arrivée.
Chant VIII :
Un aède phéacien
chante la querelle d’Achille et d’Ulysse, qui s’émeut.
Concours sportif,
Ulysse lance un disque plus loin que tout le monde.
L’aède chante les
amours d’Arès et d’Aphrodite.
On prépare le départ
et les cadeaux d’Ulysse.
Ulysse demande le
récit du cheval de bois, à Troie, et révèle enfin son identité.
Chant IX :
Ulysse raconte aux
Phéaciens ses aventures depuis son départ de Troie :
Les Cicones, les
Lotophages, les Cyclopes.
Dans la grotte, les cruautés
de Polyphème.
Chant X :
Ulysse raconte aux
Phéaciens ses aventures depuis son départ de Troie :
Chez Eole, les
Lestrygons, Chez Circé.
Dans le palais, les
sortilèges de Circé.
Indications de Circé
pour aller chez les morts.
Chant XI :
Ulysse raconte aux
Phéaciens ses aventures depuis son départ de Troie :
Au pays cimmérien,
chez les morts.
Ulysse repousse sa
mère, écoute Tirésias qui lui indique comment rentrer chez lui.
Ulysse s’entretient
avec sa mère, Achille, puis une foule d’âmes se presse.
Chant XII :
Ulysse raconte aux
Phéaciens ses aventures depuis son départ de Troie :
Circé prévient Ulysse
de la suite de ses épreuves :
Les Sirènes, Charybde
et Scylla, l’île du Soleil.
Une tempête, enfin,
et Ulysse, seul rescapé, arrive chez Calypso.
Chant XIII :
Le navire magique des
Phéaciens transporte Ulysse endormi à Ithaque.
Poséidon se venge des
Phéaciens.
Athéna révèle à
Ulysse qu’il est de retour chez lui. Joie d’Ulysse.
Il prépare avec la
déesse sa vengeance contre les prétendants.
Ulysse est désormais
déguisé en mendiant.
Chant XIV :
Ulysse arrive chez
son porcher Eumée qui ne croit plus au retour d’Ulysse.
Ulysse se fait passer
pour un noble Crétois revenu de Troie.
La nuit est froide,
Eumée offre une de ses capes au mendiant.
Chant XV :
Athéna engage
Télémaque à quitter Sparte pour Ithaque.
Télémaque ne s’arrête
pas chez Nestor, et embarque le devin Théoclymène.
Eumée donne à Ulysse
des nouvelles de son père, Laërte et de sa mère.
Télémaque débarque à
Ithaque et se dirige chez Eumée.
Chant XVI :
Télémaque demande qui
est ce mendiant. Athéna le fait reconnaître par son fils. Emotion.
Ulysse et Télémaque
préparent la vengeance contre les prétendants.
Les prétendants sont
consternés par la nouvelle du retour de Télémaque.
Pénélope blâme les
prétendants.
Ulysse, déguisé en
mendiant, mange avec Eumée et Télémaque.
Chant XVII :
Télémaque retrouve le
palais, Pénélope et Euryclée, la vieille servante.
Théoclymène prédit
publiquement le retour d’Ulysse.
Ulysse, en allant au
palais, subit les insultes de Mélanthée, un chevrier.
Argos, le vieux chien
d’Ulysse, meurt en reconnaissant son maître.
Ulysse est maltraité
par Antinoos.
Pénélope veut
interroger le mendiant qui lui indique d’attendre le coucher du soleil.
Chant XVIII :
Une bagarre éclate
entre Iros, le mendiant attitré du palais, et Ulysse, qui a le dessus.
Poussée par Athéna,
Pénélope descend reprocher aux prétendants leur attitude.
Ulysse admire
Pénélope.
Ulysse subit
l’insulte de Mélantho, servante, sœur de Mélanthée, puis celle du prétendant
Eurymaque.
Chant XIX :
Ulysse et Télémaque
cachent les armes du palais.
Pénélope interroge
Ulysse, toujours déguisé en mendiant.
Euryclée lave les
pieds d’Ulysse, et le reconnaît grâce à une ancienne cicatrice. Ulysse lui
demande de se taire.
Pénélope raconte un
rêve, le mendiant y lit le retour d’Ulysse.
Pénélope prévoit de
proposer l’épreuve de l’arc aux prétendants.
Chant XX :
Ulysse est en colère
en voyant les servantes infidèles. Athéna l’apaise.
Pénélope se réveille
la nuit et appelle la mort.
A l’aube, jour de la
fête d’Apollon, Zeus envoie un signe favorable à Ulysse.
Les prétendants
renoncent au meurtre de Télémaque.
Ulysse subit de
nouveaux affronts. Théoclymène prédit une fin douloureuse aux prétendants.
Chant XXI :
Pénélope présente
l’arc d’Ulysse aux candidats à l’épreuve de l’arc.
Le mendiant fait
signe à Télémaque de renoncer. Les prétendants échouent.
Ulysse se fait
reconnaître du porcher Eumée et de Philétios, le bouvier.
Antinoos ne veut pas
tenter l’épreuve de l’arc.
Eumée donne l’arc au
mendiant. Les portes de la salle sont fermées.
Ulysse réussit
l’épreuve de l’arc et menace les prétendants.
Chant XXII :
Ulysse révèle son
identité à tous et tue Antinoos et Eurymaque.
Le combat commence.
Mélanthée est fait prisonnier.
Athéna influe sur la
bataille. Ulysse n’épargne personne, sauf Phémios et Médon.
Ulysse oblige les
servantes à nettoyer la salle et les fait pendre.
Mélanthée est
affreusement mutilé.
Le palais est
purifié.
Chant XXIII :
Pénélope est prévenue
de la nouvelle du retour d’Ulysse, mais n’y croit pas.
Une fausse fête est
organisée afin de retarder la nouvelle de la mort des prétendants.
Pénélope interroge
Ulysse sur le secret de fabrication de leur lit.
Ils passent une nuit
d’amour et se content leurs malheurs.
Au matin, Ulysse
quitte le palais pour le jardin de son père, Laërte.
Chant XXIV :
Les âmes des
prétendants descendent aux Enfers et y racontent comment ils sont morts.
Ulysse se fait
reconnaître par son père.
Le père d’Antinoos
veut venger la mort de son fils et des autres prétendants.
Zeus réclame à Athéna
de ramener la paix à Ithaque.
Ulysse est prêt à se
battre mais Athéna instaure un durable traité.
mercredi 10 avril 2013
Extraits d'un Atelier Public
Voici quelques extraits filmés au Théâtre des Ateliers lors d'un atelier public. Alain Simon y dévoile les techniques de la lecture à haute voix et du passage de relais dans une ambiance pleine de bonne humeur.
Improvisation musicale et chorégraphique
Voici une séance de travail autour de la création musicale et chorégraphique qui soutiendront la chaîne des lecteurs qui s'est déroulée au Théâtre des Ateliers le 2 avril dernier.
Vous pourrez y entendre les improvisations de Jean-Luc Anton au saxophone, Christophe Paturet au piano, et Daniele Schön au violoncelle ; vous y verrez également les propositions chorégraphiques de Bernard Menaut.
mardi 9 avril 2013
Dimitris Dimitriadis parle de l'Odyssée d'Homère
Dimitris
Dimitriadis est l'auteur associé à la promotion 2012-2013 de "La
Compagnie d'entraînement" du Théâtre des Ateliers. Auteur
dramatique, poète et traducteur grec, il est notamment l'auteur de
la pièce Le Prix de la révolte au marché noir montée par Patrice
Chéreau en 1968 et d'une trilogie intitulée l'Homériade publiée
par Les Solitaires intempestifs en 2009.
Dimitris
Dimitriadis a quitté pour quelques jours sa ville natale de
Thessalonique pour la France, où les élèves de "La Compagnie
d'entraînement" du Théâtre des Ateliers lui ont présenté leur
travail inspiré de ses œuvres.
Lors d'une interview accordée à Alain Simon, il a eu la gentillesse de nous
apporter son éclairage sur ce texte fondateur qu'est l'Odyssée d'Homère.
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